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3/4/5-05

10 au 16 mai

du 10 au 16 mai 2004 - news n°386

Angoulême 1980

Christian Potus nous a retrouvé des dessins inédits d'André Chéret et de Norma :

"Lors du septième festival d¹Angoulême en 1980, un gigantesque "cadavre exquis" fut organisé. Il s'agissait, pour les 17 dessinateurs qui y participèrent, de réaliser une planche de BD sous les yeux du public. L'ordre de passage fut le suivant : Pellos, Azara, Royo, Hache, Sacha, Comes, Cabanes, Chéret, Wasterlain, Bilal, Blanc-Dumont, Attanasio, Arambula, Denayer, Norma, Franz et Morris."

Voici les contributions des 2 dessinateurs publiés dans Pif-Gadget :

Les planches ont été reproduites l'année suivante dans la revue officielle du huitième festival (celui de 1981).

Tee-shirts Rahan !

Laurent Alais nous signale qu'actuellement de superbes tee-shirts dessinés par Maître André Chéret représentant des mammouths, sont à la vente à la boutique de la Grande Galerie du Muséum National d'Histoire Naturelle. André Chéret les a réalisés à l'occasion de l'exposition "Au Temps des Mammouths".

Laurent Alais nous a promis de nous en envoyer une photo dès qu'il reçoit le sien.

Jean-Claude Forest

Marc Rouchairoles nous signale la sortie, au mois de juin, d'un livre sur l'art de Jean-Claude Forest.

"Voici enfin le livre que l'on attendait sur l'œuvre magistrale, qui reste trop mal connue, de Jean-Claude Forest (1930-1998), le créateur de Barbarella (première bande dessinée française pour adultes, poétique et sensuelle, intelligente et moderne). Bien loin de n'être que le père de ce célèbre personnage, Forest avait déjà une longue carrière d'illustrateur et de dessinateur de bande dessinée avant de donner vie à Barbarella en 1962. Ses créations se sont multipliées ensuite. Son importance ne se limite pas non plus à la bande dessinée. Il fut tour à tour cinéaste, photographe, romancier, décorateur, rédacteur en chef, scénariste, dialoguiste, etc. C'est l'un des créateurs d'images les plus marquants de la seconde moitié du XXe siècle. Livre somme, L'Art de Jean-Claude Forest présente une vision globale de cette œuvre. Livre d'images avant tout, il réunit des dessins de toutes époques et de tous genres (tous reproduits à partir des originaux), dont bon nombre d'inédits.

L'auteur, Philippe Lefèvre-Vakana, est graphiste et dessinateur de storyboards publicitaires. Grand collectionneur, il admire et connaît parfaitement l'œuvre de Jean-Claude Forest, qu'il côtoya pendant au moins deux décennies. Il est l'auteur des textes et le responsable du choix iconographique. (164 p. coul., 23 x 31 cm, Couverture souple avec jaquette américaine)". (source : l'éditeur)

03/04/05-05-2004 - news n°385

Sur les traces de Corto (2)

Jean-Maurice Durand s'était distingué avec la première partie de son reportage en partant sur les traces de Corto Maltese, le personnage devenu mythique de Hugo Pratt (cf. Sur les traces de Corto (1)). Comme vous avez plébiscité ce reportage, Jean-Maurice nous ramène aujourd'hui un deuxième reportage de la même veine.

"Après mon retour du Rufiji et de Zanzibar et un séjour de quelques semaines en France, j'ai été affecté en Guyane, à Saint-Laurent du Maroni. Je suis donc dans ce coin perdu de l'Amérique du Sud, l'occasion de mettre à nouveau mes pas dans ceux de Corto. C'est ainsi qu'il y a quelques semaines, je me trouvais à Paramaribo au Surinam, l'ancienne Guyane hollandaise. J'en ai rapporté quelques photos et quelques réflexions au sujet de la première histoire de Corto parue dans Pif-Gadget, c'était il y a bien longtemps, à l'époque du bandeau rouge et de Richard Médioni..."

Les secrets de Paramaribo

Souvenez-vous, cette vignette était la première apparition de Corto Maltese dans Pif-Gadget et le début pour Hugo Pratt d’un immense succès.

la première case de Corto Maltese parue dans le Pif-Gadget n°58 "le secret de Tristan"

En 1915, Corto doit se faire quelque peu oublier après ses activités de pirate dans le Pacifique Sud (Hugo Pratt reprenait ainsi pour Pif son personnage de "la Ballade de la Mer salée", parue en album quelques années plus tôt). Son voilier, les "Trois saintes Maries", qui brûlera au cours de ce premier épisode, se balance mollement dans le port de Paramaribo, en Guyane hollandaise. Lui-même a élu domicile dans la pension de madame Java, sur les rives de la rivière Surinam qui allait donner son nom au pays après le départ des Hollandais en 1975. Cependant, il ne tardera pas à reprendre la mer pour percer le secret de Tristan Bantam, mais surtout poussé par son goût de l’aventure et du mystère.

Le Surinam, coincé entre la Guyane Française et le Guyana (l'ex-Guyane
britannique)

C’est donc en République du Surinam, entre les bouches de l’Amazone et le delta de l’Orénoque, en Amérique du Sud, que j’ai pu remettre mes pas dans ceux du marin maltais. Paramaribo est aujourd’hui une ville cosmopolite regroupant avec sa banlieue près de 75 % de la population surinamienne. La majeure partie du pays est en effet couverte par la forêt primaire (bien menacée toutefois) du plateau des Guyanes. On y croise des visages venus des cinq continents, symbolisés par l’étoile à cinq branches figurant sur les armoiries du Surinam. Les compatriotes de madame Java, originaires d’Indonésie, se mêlent aux Noirs Marrons (descendants d’esclaves évadés), aux Hindous, aux Créoles, aux Européens et aux derniers représentants des diverses nations amérindiennes qui constituaient le peuplement originel de la région.

Javanais et afro-américains, peuples de toutes couleurs et de toutes origines se côtoient au Surinam. Seule la guerre civile des années quatre-vingt, qui a vu les politiciens locaux pousser leurs compatriotes à s’entredéchirer, est venue troubler cette harmonie, laissant un traumatisme profond au sein de la population.

Mais le Surinam est en Amérique du Sud et les difficultés économiques, les coups d’état militaires et le trafic de drogue constituent aussi l’envers de la médaille. Tout au long des années quatre-vingt éclatèrent des luttes de factions en apparence politiques, mais en réalité destinées à assurer à leurs leaders le contrôle des flux de cocaïne vers les Etats du nord et l’ancienne puissance tutélaire hollandaise. Le retour à une certaine normalité n’empêche toutefois pas le visiteur de rester perplexe devant les quarante et quelques casinos disséminés dans tous les quartiers de Paramaribo.

N’oublions pas également que ce premier épisode de Corto Maltese baigne tout entier dans le merveilleux du vaudou latino-américain et Tristan Bantam, au cours de songes oniriques, entre en contact avec le monde perdu de Mû, guidé par le dieu Ogoun-Ferraille. Cette dimension magico-religieuse est toujours omniprésente dans le Surinam moderne, même si les sectes protestantes américaines recrutent toujours plus d’adeptes.

La grande mosquée de Paramaribo : Amérique du Sud ou Sultanat de Bruneï ?
Poteries rituelles des indiens caraïbes.

Une flânerie dans les rues de la capitale surinamienne est une fois de plus l’occasion de vérifier le goût du détail d’Hugo Pratt qui a représenté fidèlement les vieilles bâtisses coloniales.

La cathédrale de Paramaribo : la plus grande construction en bois d’Amérique latine.
Architecture hollandaise

Rien n’a été oublié, pas même les fenêtres à guillotine, héritage de l’architecture hollandaise et qui donnent à la ville des allures d’Amsterdam tropicale.

Le port, s’il invite toujours au voyage, a beaucoup changé depuis l’époque de Corto. Les grands voiliers et steamers hollandais ont cédé la place aux cargos et aux ferries devant lesquels s’écartent précipitamment les traditionnelles « tapouilles » surinamiennes.

Le port de Paramaribo fut le théâtre d’une belle histoire de marins au cours de la seconde guerre mondiale, une de ces sagas qu’appréciait tant Hugo Pratt. Pendant l’occupation allemande des Pays-Bas, la Guyane hollandaise fut pratiquement livrée à elle-même. Les Allemands tentèrent d’assurer une présence militaire à Paramaribo en y envoyant un énorme bateau, le « Goslar ». Les Surinamiens tentèrent de le prendre, mais l’équipage préféra le saborder. Son épave est encore visible de nos jours derrière le marché de la capitale, émergeant à peine des eaux de l’estuaire de la rivière Surinam qui n’en finissent pas de la dissoudre.

Jean-Maurice Durand

Les versions roumaines de Pif-Gadget (version 1992)

Daniel Focsa est roumain, il collabore régulièrement à Pif-Collection et nous ramène aujourd'hui deux nouveaux numéros de la version de pif en Roumanie, parue en 1992...

Alors qu'en 1992 les éditions VMS (Vaillant Miroir Sprint) dépose pour la première fois le bilan en France, une tentative de relance du journal se retrouve en... Roumanie. Nous avons essayé de retrouver tous ces numéros, et ce grâce à nos correspondants en Roumanie, Santrio Iuga, Adrian Mihaltaniu et Daniel Focsa. Malgré leurs efforts, le n°1 demeure introuvable, mais voici les 3 suivants. Y a-t-il eu un numéro 5 ?..

Pif n°2

Santrio Iuga a récupéré le numéro 2 de cette version parue en Roumanie en 1992, c'était un numéro en français et nous apporte ici quelques précisions.

A gauche la version roumaine et à droite la version française originale de cette couverture issue du n°733 de 1982. Le logo a été remplacé par celui de 1992 et le gadget a été supprimé pour le remplacer par un poster de Mickaël JACKSON.

"Ce Pif comprend 20 pages, avec couverture en carton (intéressant, les pages ne sont numérotées). Le copyright est de V.M.S.-publications, avec dans le comité de direction, Jean-Claude Le Meur, et quelques roumains.

Daniel Focsa nous a retrouvé les numéros 3 et 4, il nous en dresse les sommaires respectifs :

Le Pif n°3 date de 1992 et comprend 16 pages, (20 avec les couvertures). Directeur - Jean Claude Le Meur, copyright VMS Publications, Paris.

Pif n°3

Les couvertures sont en carton de mauvaise qualité. Sur la deuxieme page, on peut lire, en roumain "Chaque mois, amusez-vous avec Pif et Hercule", donc le magazine était mensuel !

Et aussi "A vendre à la Librairie de la société Charme - Scott, Boulevard 1 Mai n° 125, Bucarest". Sur la troisième page de couverture il y a de la publicité (en roumain) pour cette société. Sur la 4ème couverture on peut lire une histoire de Pifou, "Glop glop fakir" (par R. Mas), (copyright du numéro 2387, mais on peut également déchiffrer, en bas de la page, près de la signature de Mas, le numero 2129, donc la bande dessinée est tirée de ce numero du Pif-Gadget... classique.

Ici aussi les pages ne sont pas numerotées. Le magazine contient les BD suivantes :
  • "Ca c'est du sport" (Pif), 6 pages, signées Corteggiani + Clod 1984, copyright Ed. Vaillant 2255
  • "Un paquet d'ennuis" (Pif), 6 pages, signées Corteggiani + Clod 1984
  • "Histoire d'eau" (Hercule), 4 pages.

Pif n°4

Le Pif n°4 date de 1992 et comprend aussi 16 pages (20 avec les couvertures). Directeur : Jean Claude Le Meur, copyright VMS - Publications, Paris.

L'intérieur du magazine est très mal imprimé, avec un certain décalage entre le noir et les couleurs. Sur la deuxième couverture se trouvent les explications (en roumain) d'un jeu de foot-ball pour les enfants. La 3ème page de couverture présente un jeu qui s'appelle "Magie en chaîne", avec des dessins signés Gring. Cette fois, les explications sont en français.

Et, sur la 4ème couverture, une histoire de Léo, par Roger Mas. Les indications, en bas des pages, concernant les dessinateurs et les scénaristes manquent complètement. Le copyright n'est plus mentioné.

Le magazine contient les BD suivantes :
  • Hercule, prince de la magie" (Hercule), 10 pages
  • Placid et Muzo, 1 page (on peut déchiffrer la signature de Nicolaou)
  • Léo, bête à part, 2 pages par R. Mas
  • Couik, 1 page par Kamb
  • "Un jeu idiot" (Hercule), une page, signée Yannick - 1982
  • "Pas de panique" (Hercule), 1 page, signée Yannick

Il faut préciser que ces numéros sont maintenant très rares. On ne sait pas si le numero 4 est le dernier de la serie 1992, ou s'il y en a encore d'autres.

Daniel Focsa