(news n°434 du 6 au 12 décembre 2004)

Cette news doit beaucoup au forum Pif-Collection qui essaie d'être un lieu intéractif où les passionnés, collectionneurs ou simples anciens lecteurs curieux, viennent chaque jour se connecter et discuter autour de l'univers de Pif. Ce forum de discussion, que nous voulons convivial, permet de mettre en commun vos recherches respectives, recouper et échanger des informations, des trouvailles. Voici une occasion, à travers de cette news, de remercier toutes celles et ceux qui participent, d'une manière ou une d'autre, au site Pif-Collection.

Sur les traces de Corto (3)

Jean-Maurice Durand nous revient de voyage en Guyane pour son travail et en a profité pour nous réaliser un nouveau reportage. Après les deux dossiers déjà publiés sur le site, il est reparti "sur les traces de Corto" et nous ramène une relecture de "Rendez-vous à Bahia" d'Hugo Pratt, épisode paru dans le Pif-Gadget n°59 d'avril 1970.

Laurent Alais a mis la main sur un album de Nasdine Hodja...

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Les objets méconnus Vaillant

Sur le forum, vous avez été nombreux à nous faire découvrir vos trouvailles, voilà une sélection qui concerne la période la plus ancienne : les années Vaillant...

Des objets dénichés par Christian Potus.

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Gilles et Yann nous ont envoyé leurs animations, découvrez-les dans cette news...

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Sur les traces de Corto (3)

Jean-Maurice Durand nous revient de voyage en Guyane pour son travail et en a profité pour nous réaliser un nouveau reportage. Après deux dossiers (déjà publiés sur le site : Sur les traces de Corto (1) et Sur les traces de Corto (2)), il est reparti "sur les traces de Corto" et nous ramène une relecture de "Rendez-vous à Bahia" d'Hugo Pratt, épisode paru dans le Pif-Gadget n°59 d'avril 1970.

Indiens d’hier et d’aujourd’hui

Zone de débarquement de Corto : territoire des Galibis

Laissant les eaux de la Guyane hollandaise dans le sillage du « Dreaming Boy », Corto, Tristan et le professeur Steiner naviguent vers Sao Salvador pour un « rendez-vous à Bahia ». Au tout début de ce second épisode de ses aventures parues dans Pif Gadget n°59, Corto Maltese jette l’ancre sur les côtes de Guyane française, près de Saint-Laurent-du-Maroni. C’est l’occasion d’une courte rencontre avec deux bagnards en cavale et une tribu indienne aux pouvoirs étranges : les Galibis.

La côte ouest de la Guyane est le territoire ancestral des indiens Galibis, encore appelés Kalinas ou Caraïbes. Ils furent jadis de féroces guerriers, en lutte incessante contre la plupart de leurs voisins. Ils n’hésitèrent pas à prendre la mer pour envahir les îles de la Caraïbe, à laquelle ils ont légué leur nom. Quelques populations reliques d’indiens Galibis vivent encore sur l’île de la Dominique. Depuis longtemps en contact avec la culture occidentale, ils constituent de nos jours le groupe le plus intégré à la Guyane moderne. Ils essaient de s’insérer dans l’économie et jouent la carte du tourisme. Parallèlement, ils luttent sur les terrains social et politique afin de préserver leurs droits, leurs coutumes et leurs valeurs propres. Il y a quelques années, ils ont obtenu la création de leur commune de plein exercice, Awala – Yalimapo, à l’endroit précis où Corto et ses amis débarquèrent voici près de quatre-vingt dix ans.

Indiens Galibis sur la plage d’Awala-Yalimapo, tout près de l’endroit où accosta le « Dreaming Boy ». La pêche demeure l’une des activités principales des indiens de la côte guyanaise et ils sont les principaux fournisseurs de poissons frais de la ville de Saint-Laurent-du-Maroni, distante d’une soixantaine de kilomètres.

Toutefois, l’intégration des Galibis ne s’est pas faite sans renoncement ni déchirements et de nombreux jeunes indiens ont beaucoup de mal à se situer à l’aube du troisième millénaire ; le taux de suicide est important dans la communauté. Les coutumes léguées par leurs ancêtres sont désormais peu connues. Les derniers chamanes, ceux qui, peut-être, savent encore lire dans le feu la parole des ancêtres, vivent au Surinam et peu de gens font le déplacement pour consulter leur antique savoir.

Mais, en Guyane, comme Corto dans l’Amérique du Sud de jadis, il est encore possible d’aller toujours un peu plus loin dans le mystère et l’aventure, et je vous invite à me suivre dans un long périple, à remonter le cours encore sauvage du Maroni, le fleuve qui tente sans grand succès d’établir une frontière entre la Guyane et le Surinam.

Après plusieurs jours de pirogue, et quelques sueurs froides lorsqu’il a fallu traverser d’inquiétantes zones de rapides, qu’on appelle localement des « sauts », nous arrivons sur le territoire des Wayanas. Ayant refusé pendant longtemps tout contact avec les Blancs, ils ont conservé un mode de vie encore très proche de celui de leurs ancêtres. Mais pour combien de temps encore ?

Les indiens Wayanas, dont certains portent toujours le pagne traditionnel, le kalimbé, entrent progressivement dans une modernité qu’ils refusaient encore dans les années 1960. Les moteurs remplacent les pagaies, des antennes paraboliques ont récemment fleuri sur le toit de quelques carbets. Ce mariage de raison avec le monde moderne était bien sûr inévitable et même souhaitable pour des domaines tels que la santé, mais on ne peut s’empêcher de songer avec nostalgie aux savoirs qui se perdent et à un mode de vie qui nous ramène aux premiers âges de l’humanité.

Cette fillette wayana semble porter sur le monde qui vient un regard interrogateur (ci-dessus à droite). Imprégnée de culture traditionnelle, transmise à travers les beaux contes de son peuple, elle n’en fréquente pas moins assidûment l’école de la République où de jeunes instituteurs français transmettent des connaissances souvent bien éloignées de ses réalités quotidiennes.

A gauche : Indienne wayana préparant le couac, la semoule de manioc qui constitue la base de l’alimentation des populations premières du plateau des Guyanes et d’une grande partie du Brésil. Les amérindiens de ces régions ont élaboré au fil des siècles une véritable civilisation du manioc, comparable à notre civilisation du blé ou à celle du mil en Afrique subsaharienne.

Le tukuchipan est la case festive des indiens wayanas. La communauté y célèbre les grandes cérémonies, traditionnelles ou plus modernes. Les hommes s’y réunissent en particulier au cours des marakés (initiations), pour d’impressionnantes libations de cachiri (bière de manioc).

Le ciel de case ou maluana (ci-dessus). Il orne habituellement le sommet intérieur du toit du tukuchipan. Parmi d’autres symboles, en haut et en bas sont figurées les chenilles, animaux qui tiennent une place importante dans la mythologie wayana. Ils symbolisent en effet les métamorphoses dont les hommes étaient capables dans les temps les plus reculés, l’époque où les « animaux parlaient ». De nos jours, on dit que seuls les chamanes ont conservé ce pouvoir de transformation qui leur donne accès au monde des esprits. La cosmogonie des wayanas est complexe et très élaborée. Elle inclut une création du monde où aucun élément n’est tiré du néant, mais provient le plus souvent des agissements des esprits et des chamanes. Avec Corto, écoutons, près du feu immémorial, la légende wayana de la naissance de la Voie lactée.

Eh bien, les gens ont mis le feu au ciel, ils l’ont fait brûler.
Des chamanes ont mis le feu au ciel.
Le ciel s’est enflammé, le brasier a crépité.
L’un d’entre eux dit : « voici l’endroit où l’on a brûlé le fromager !».
La voie lactée, c’est l’endroit où l’on a brûlé le fromager. 
Dans la langue des esprits et celles des hommes la voie lactée, est appelée « l’endroit où l’on a brûlé le fromager ».
(d’après une tradition orale recueillie par Jean Chapuis)

Et enfin, toujours un peu plus loin, si vous voulez bien écouter la parole des vieux Wayanas, ils vous parleront peut-être de tribus plus mystérieuses encore, qui hanteraient les « grands bois » de la Guyane et du nord du Brésil, les fameuses tribus invisibles de la grande forêt d’émeraude. Sans doute évoqueront-ils les Oyaricoulets, les « longues oreilles », que bien peu de nos contemporains ont pu voir. Selon certaines légendes il s’agirait d’indiens à la peau et aux cheveux clairs ; ultimes traces du passage des Vikings dans les Amériques ? Pratt le suggérait dans "Mu", le dernier album de Corto. Mais le marin restait dubitatif : « fariboles, mythes, mensonges… trop beaux pour ne pas s’y arrêter, trop naïfs pour que l’on y croie ». Peut-être le secret réside-t-il dans les paroles de l’anarchiste Pierre-la-Reine, dans « Têtes de Champignons » :

Jean-Maurice Durand

Cadeau : des animations

une animation parue dans le Pif Poche n°92

Gilles Maurel nous a préparé deux animations à partir de Pif Poche. Le premier que nous vous proposons concerne le Pif Poche n°92, il s'agissait de feuilleter son Poche (flip book) en partant de la fin pour y voir une animation.

Sa deuxième animation, toute aussi remarquable, est parue dans le Pif Poche n°105 de mai 1974 mettant en scène Jean Richard.

De son côté, Yann s'est amusé à recomposer l'animation du "Mecano de la général" paru dans un encart dans le Pif-Gadget n°2 de septembre 2004. Il a ainsi du scanner les quelques 60 images publiées pour ce flip book mettant en scène Buster Keaton en prise avec un train. Un fort joli travail que nous publions ici.

images Buster Keaton issues du "mécano de la général"

Un grand merci à tous les deux en espérant une nouvelle fois que cela donnera des idées aux autres. Vous pouvez de même aller regarder sur le forum les animations que les uns et les autres ont réalisées : les animations dans le forum.

Nasdine Hodja

"l'insaisissable Nasdine Hodja" paru en 1953 aux éditions Vaillant par Bastard / Lécureux

Laurent Alais nous a envoyé un scan de la superbe couverture de l'album "l'insaisissable Nasdine Hodja" paru aux éditions Vaillant en 1953. Celui-ci est le seul album, parmi les 4 existants, dont les planches sont dessinées par René Bastard. Les scénarios quant à eux sont bien entendu signés par Roger Lécureux.

N'oublions pas que "Nasdine Hodja" a fait aussi l'objet d'un album aux éditions du Fromage en 1979 avec Leguen au dessin.

Nasdine Hodja paru en 1979 aux éditions du Fromage par Leguen / Lécureux

A propos de ce personnage, Thierry Olivier a pu rencontrer le dessinateur Angelo Di Marco au festival de dessin d'humour et de presse d'Orléans qui a eu lieu les 20 et 21 novembre. Il a profité de sa rencontre pour lui demander une dédicace du personnage de Nasdine Hodja...

affiche du festival de dessin d'humour et de presse d'Orléans 2004
dédicace d'Angelo Di Marco

Des objets méconnus Vaillant

publicité parue dans Vaillant n°872 de 1962

Sur le forum, vous avez été nombreux à nous faire découvrir vos trouvailles, voilà une sélection qui concerne la période la plus ancienne : les années Vaillant...

Vous pensiez avoir fait le tour des objets Vaillant, vos listes de recherches sont-elles bien à jour ? Ce dossier va vous donner une raison de plus pour courir les brocantes et salons de jouets, BD, vieux papiers...

Christian Potus a été très actif et nous a compulsé sa collection de Vaillant et a ressorti de l'oubli quelques objets intéressants. Pour commencer, les deux albums de décalcomanies dont la publicité est parue dans le numéro 872 de Vaillant en 1962. La reproduction des deux couvertures nous permet de comprendre que ces décalcomanies en 5 couleurs (!) étaient distribués dans un carnet. Le premier, sur le thème de "la famille Pif" dessiné par Roger Mas et le second présentant "Roudoudou et ses copains", dessiné par Arnal.

publicité parue dans Vaillant n°599 de 1956

Le second objet a fait l'objet d'une publicité dans le Vaillant n°599 de 1956, il s'agit d'un "canif Vaillant". Cet objet peut surprendre aujourd'hui pour un cadeau d'abonnement...

Poursuivons avec ces deux splendides marionnettes de Riquiqui et Roudoudou qui étaient reproduites en photos dans le Vaillant n°741 de 1959. Qui s'en souvient ? Encore deux objets pas facile à retrouver. Quelqu'un aurait-il vu passer une marionnette Pif ?

Et puisque nous parlons de Riquiqui et Roudoudou, dans le numéro 862 de Vaillant de 1961, une publicité montre deux peluches de ces deux personnages.

Au moment de Noël 1961, les éditions Vaillant ont en effet mis en vente une série de 4 peluches représentant Pif, Pifou, Riquiqui et Roudoudou.

publicité parue dans Vaillant n°741 de 1959
publicité parue dans Vaillant n°862 de 1961

L'année 1961 verra aussi la sortie de plusieurs séries de films fixes autour des des personnages de Vaillant.

La publicité parue dans le Vaillant n°856 de 1961 permet d'apprécier un visuel de ces films.

un film fixe de Yves le Loup
un film fixe de Placid et Muzo
un film fixe de Pif

publicité parue dans Vaillant n°856 de 1961

Si vous aussi vous avez des documents à faire partager, envoyez-nous vos trouvailles.

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