Pif le Chien et Vaillant

En préparant les différentes news et les différents dossiers, nous nous sommes aperçus que nous n'avions pas encore parler de celui qui fait que Pif-Collection existe, que Pif gadget existe, que Vaillant-le journal de Pif existe. Il s'agit évidemment de Pif, le chien.

Bien sûr, beaucoup de pifophiles s'y sont peut-être déjà intéressés. Mais malheureusement peu de livres y ont été consacrés. Nous allons à notre manière d'essayer de vous présenter "Pif le Chien".

Même si Vaillant existe depuis 1945, l'arrivée de Pif allait bouleverser la vie du périodique en prenant de plus en plus de place, allant même, jusqu'à en modifier son titre.

le chien "Top" de Cabrero Arnal

Pif existait depuis déjà quatre ans dans les pages de l'Humanité (28 mars 1948), qui recherchait un strip comique. José Cabrero Arnal, son créateur, avait déjà imaginé et dessiné, un personnage canin, « Top », dans une revue du nom de TBO, revue espagnole de la période pré-franquiste.

la revue espagnole TBO

Arnal travaillait à Vaillant depuis 1946 et animait une autre série-vedette, Placid & Muzo.

En cette fin d'année 1952, rien ne laissait présager le bouleversement qui allait suivre. Habituellement, l'annonce de numéros spéciaux chez Vaillant, se faisaient dans les numéros qui précédaient, en utilisant des formules chocs. Ce fut le cas notamment pour le spécial noël, par exemple :

•  397, un Vaillant «  monstre », 24 pages dont 8 en couleurs. Une formule exceptionnelle. (Vaillant n°394)

•  Très bientôt, un « Vaillant » sensationnel, avec 8 pages en couleurs. Retenez dès aujourd'hui l'extraordinaire numéro spécial noël. (Vaillant n°395).

Dans le cas du numéro 396, ce n'est qu'au dernier moment, que l'arrivée de Pif fût annoncée, soit une semaine avant.

Et c'est donc le 21 décembre 1952, dans le numéro 397, que le personnage de Pif le chien, fit son entrée dans l'univers de Vaillant.

En pleine une, le Père Noël venait de nous livrer ce cadeau accueilli par la famille Arnal en place depuis quelques années, Placid & Muzo.

la couverture du Vaillant numéro 397
la première apparition de Pif le Chien dans Vaillant

Le bandeau titre, à cette occasion, se mit à l'effigie de Pif

Arnal eut la bonne idée de réaliser, dans ce même numéro, une photo de famille, dans le vrai sens du terme, à l'occasion d'un concours.

Le succès fût immédiat, d'autant que la galerie de personnages permettait de faire une multitude d'histoires et de gags : Tata, Tonton, Doudou. Personnages qui furent malheureusement abandonnés à la création de Pif gadget. Snif...

C'est donc affublé de cette famille, arrivée au fil des années dans L'humanité et dans Les aventures de Pif le chien, sorte d'album, supplément du journal L'humanité que Pif prit son essor. Ses aventures paraîtront pleine page, en 4ème de couverture.

Ce qu'il y a de surprenant lorsque l'on fait attention à cet univers pifien , c'est que rien ne nous étonne. Nous ne parlons pas du fait qu'il pense et qu'il parle, évidemment.

Pif passe allègrement de la position chien à la position «  humain » dans ses premières aventures.

Le pavillon se trouve à la campagne, isolé (apparemment), mais Pif peut se promener instantanément en ville, et y faire une énième bêtise chez son charcutier préféré.

La neige tombe et il part faire du ski avec Doudou. Ou à la plage !

Sans parler de ses aventures avec son pendant négatif (?), Hercule qui fera son apparition dès le numéro 398.

L'extraordinaire, dans les histoires de Pif, c'est que tout se déroule dans un espace assez restreint, sans artifices. Pas besoin de mettre Pif ou ses compagnons dans une fusée afin qu'il rencontre des extra-terrestres ou de le faire voyager au bout du monde. Le lecteur peut avoir des repères qu'il connaît et laisser son imagination déborder: Une maison, une niche, une canne à pêche, un terrain vague, des commerçants, etc.

Ce que raconte Arnal, c'est la vie au quotidien : Manger, dormir, vivre.et faire des bêtises.

Tout vient du gag simple, efficace grâce au talent d'Arnal puis de Roger Mas. Mas reprendra officiellement la série en cette fin 1953. Mais ceci est une autre histoire.

Bibliographie :

Mariano Alda