Un dossier proposé et préparé par Pascal AUTHENAC.

Scop Magazine

Le numéro 0

La collection des Scop Magazine comprend deux numéros 1, en effet un premier est daté d'avril 1976 et l'autre d'octobre 1976. On peut donc considérer que le premier est une sorte de numéro 0.

Il est difficile de savoir qui était à la rédaction, seuls les collaborateurs sont cités. A noter que le format correspond au format des n°2 à 5, que les bandes dessinées paraissaient moins "adulte", avec des signatures d'ALEXIS, GOTLIB, Annie GOETZINGER, SERRES, Georges PICHARD ainsi qu'une interview d'Anne BRETECHER par Numa SADOUL.

Décidemment, ce Scop là, ressemble fort à un Circus...

Nous avons tenu à vous retranscrire l'éditorial d'un n°1 en quête de lectorat.

Voici cet éditorial : "Lorsqu’il s’agit de créer un journal, il est recommandé de s'informer, d'étudier le « marché ». Notre temps est celui de l'information et de l'informatique. Mais il n'est pas interdit de réfléchir sur les données tombées des machines. Et même, pourquoi pas, de rêver.

Si nous avions voulu obtenir un portrait robot de notre futur lecteur par le seul moyen d'une approche scientifique, nous aurions aisé-ment appris son âge et la couleur de sa voiture. Nous préférons sa-voir qu'il est adulte.

Nous savons aussi qu'il a le goût - et surtout le furieux besoin d'une lecture détente. A condition qu'elle ne soit pas simpliste. Il ne veut pas être un lecteur honteux.
Nous savons encore qu'il est curieux de Ce qui se passe dans le monde et, qu'en plus de ses lectures habituelles, il apprécie une certaine manière de voir la face cachée des choses et des événements.

Enfin, notre lecteur a aujourd'hui classé la bande dessinée dans l'arsenal des grands moyens d'expression de notre époque, un « art majeur pour majeurs ».

Nous pourrions encore ajouter nombre d'informations concernant notre lecteur. Entre autres, s'il a conscience que notre monde est chargé de menaces, il n'a aucune propension à la culture du désespoir ; il n'est pas du genre passif et fataliste et il a encore le sens de « la fête » et de l'humour.

SCOP MAGAZINE portera un regard particulier sur les événements qui marquent notre temps ; un regard parallèle sur les aspects qui les environnent et que la grande presse, en général, ne traite pas. Nous ferons parler les témoins, pas forcément les vedettes. Nous les laisserons s'exprimer, sans encom-brer leurs propos de questions conventionnelles.
Nous découvrirons l'aventure de ceux qui poursuivent l'aventure.

Aujourd'hui, l'expression graphique retrouve une place extrêmement vivante dans notre mode de vie. Longtemps détrônée par l'image qui bouge, l'image imprimée re-prend force et raison d'être. La bande dessinée fait partie de ce phénomène. Elle a désormais droit de cité dans la grande presse. Nous désirons lui donner le magazine qu'elle mérite.

Ce numéro n'est qu'une esquisse, qu'on ne s'étonne pas de trouver du « latin » à côté de textes réels. Nous avons simplement voulu prendre date, indiquer à grands traits quelques-unes de nos intentions et montrer quelques-uns de nos choix.

LA REDACTION

Du Chéret inédit

Dans ce numéro 0 de Scop Magazine, les amateurs d'André CHERET y découvraient des illustrations du dessinateur pour un feuilleton écrit par André RUELLAN et Jacques CHAMPREUX. Ces dessins n'ont jamais été réédités.

Ce fut en tous cas la seule histoire de ces "mystéres de la Tour Montparnasse" parue dans la collection des 6 Scop.

Les numéros 1 et 2

En 1976, les éditions Vaillant, désireuse de changer de registre, décide de se lancer dans le marché de la bande dessinée pour adultes dominée à cette époque par Pilote et Charlie Mensuel.

C’est au mois d’octobre que paraît le véritable premier numéro de Scop magazine, aux éditions de la Grille (filiale des éditions Vaillant…).

Cela sera un échec, malheureusement, car la revue avait ses qualités, mais une distribution confidentielle et une publicité inexistante condamneront le magazine qui ne dépassera pas les cinq numéros.

Il est intéressant aujourd’hui de revenir d’un peu plus près sur le contenu de ce matériel…

Le premier numéro, de petit format, contenait articles et BD en récits complets signés par Luis Garcia (vu dans Pilote), Pichard (Charlie), Buzzeli (Echo des savanes) et des dessins de Soulas et Urs (entre autres). Comme on le voit, aucun rapport avec Pif-gadget !

une page signée Pichard, on est loin d’Arnall ou Nicolaou !

Février 1977, Scop magazine change déjà de formule et adopte un grand format et une qualité de papier identique à Charlie Mensuel.

couverture de Luis Garcia

Un peu moins de rédactionnel et toujours de la BD de qualité : encore Luis Garcia (récit complet et couverture), mais aussi Mafalda par Quino (publié par Circus !) une histoire de Coutelis, une de Loro et une autre de Lesueur (3 habitués du journal Pilote qui signent ici de l’inédit…).

Quelques reportages dont un sur le cinéma fantastique, un sur Romain Bouteille et un autre sur Claude Villers complètent le sommaire. Pour finir, un gag inédit de Mordillo, seule présence de Pif…

un gag de Mordillo (refusé par Pif-gadget ?)

Les numéros 3 et 5

Le troisième numéro contient un sommaire très riche et très varié mais cette fois, le rapport avec Pif-gadget est évident comme nous le verrons un peu plus loin…

Nous retrouvons le pilier Luis Garcia dans une très belle histoire inspirée de Janis Joplin mais aussi Quino et Carlos Gimenez (vu dans Fluide Glacial) et des strips signés Bollen et Roggo.

A noter un article de Patrice Blanc Francard sur les Pieds Nickelés et les gags de Fola que l’on retrouve en couverture…

En page 39, surprise ! une histoire inédite signée Poirier, l’auteur d’Horace, cheval de l’ouest, qui nous plonge ici dans l’horreur pour rire…7 pages de bonheur !

oh le beau tableau ! un Placid vampire !

En page 38, le portrait de l’artiste :


Poirier en 1977

Après l’article sur Forton, l’auteur des Pieds-Nickelés (dont le petit fils Gérald travaille à Pif-Gadget pour Teddy Ted, comme ça se trouve !), vient "Les buveurs de mers", une vieille histoire de 12 pages des Pionniers de l’Espérance en page 53, présentation :

Et enfin, pour finir, une planche en noir et blanc (comme tout le journal) de M.le Magicien de Mattioli, déjà publiée dans Pif :

Le quatrième numéro est un spécial rire : on retrouve Fola et Quino mais nous découvrons aussi Alexis, Coutelis, Alfonso Font, une reprise d’une Rubrique-à-Brac de Gotlib et les Sturmtruppen du génial Bonvi… Pas grand chose d’inédit, à vrai dire…

Quelques articles alternent avec les BD : on parle de Pierre DAC, de la BD au cinéma…

le dr fred par Paiva

On découvre aussi le dessin si particulier d’Henri Crespi, l’auteur de Nestor, le fameux prisonnier de la BD (à ne pas confondre avec Bobo, de Deliège, dans Spirou !) Crespi réalise ici 5 pages sur l’histoire de France :

Crespi sera aussi au rendez-vous du numéro cinq, dans une autre histoire intitulée « Echos logiques » où il dénoncera le nucléaire en France… (comme quoi le journal avait ses idées politiques prononcées)

Enfin, en septembre 1977, paraît le cinquième et dernier Scop Magazine :

Le sommaire ressemble au numéro 4 : Alfonso Font, Coutelis, Crespi, Fola… mais également 4 pages de Metropolis par Mattioli (M. le magicien !)

un gag de Tonton Boris avec Andy Capp en invité surprise !

La revue propose aussi une histoire de Luis Garcia (le retour !), des articles (Cami) et des gags comme celui du méconnu Sevé :